LOURMEL

Village de l'Algérie française
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       Source ANOM
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Le village avant-hier
Lourmel avant-hier en cartes postales
Une famille de pionniers dans le bled oranais

Joseph-Léopold Chollet, né le 29 avril 1835 à Prunoy, dans l'Yonne, s'engage dans la marine marchande à Nantes, comme mousse puis cuisinier. Conquis par le Chili, il décide de s'y établir. Mais lors d'une escale au Maroc, il attrape le choléra et le bateau repart sans lui. Au moment d'être jeté dans une fosse avec une charrette de morts de l'épidémie et d'être recouvert de chaux, on s'aperçoit qu'il bouge encore et on le laisse de côté. Une femme marocaine a pitié de lui et lui donne à boire. Il s'en remet et passe en Algérie. Là, il reçoit une concession de 3 hectares sur une terre inhospitalière que des premiers colons ont commencé à défricher. Le nouveau village, situé à 40 km à l'ouest d'Oran, s'appelle Lourmel.

Quelques temps après, il épouse Alexandrine Bougueleret, née le 15 septembre 1841 à Tanay, en Côte d'Or, cuisinière à la Préfecture d'Oran. Avec ses économies, Alexandrine achète une terre à côté de la concession de Léopold. Les familles du village défrichent et s'agrandissent, les terres deviennent salubres et progressivement prospères. Des Arabes viennent habiter au village et le travail en commun commence.

Joseph-Léopold et Alexandrine ont deux fils : Edouard, né le 23 mars 1874, et Jules, né le 27 juillet 1879. Très jeunes les deux fils sont mis derrière la charrue avec leur père. Alexandrine continue son "bas de la laine" et achète de nouvelles terres. La maison s'agrandit aussi.

Edouard épouse Anna Antonine Louise George le 6 mai 1905. Jules épouse Augusta Mouliéras, née le 4 novembre 1887 à Constantine.
Jules et Augusta ont trois enfants : Auguste, Jeanne et Léopold. A la mort de leur fille, ils vendent la ferme où ils vivaient et s'installent à Oran.
Edouard et Anna ont quatre enfants: deux garçons et deux jumelles. Seul survivre l'aîné Pierre Alexandre Joseph, né le 13 mars 1906.
Anna George est née le 20 avril 1879 à Bayon en Meurthe et Moselle. A la suite du frère aîné Antoine George, nommé professeur de latin-grec au lycée d'Oran à sa sortie de l'Ecole Normal Supérieur, tous les frères et soeurs George viennent progressivement s'installer en Algérie.

"Pierre fils d'Edouard" fait ses études au lycée d'Oran et est pensionnaire à la "Jeune France". Après le BEPC, il est contraint d'abandonner ses études et de travailler à la propriété. Edouard est maire un certain temps, après le deuxième mandat de Louis Ambert, fils d'un des pionniers du village, maire dans les années 1920.

Le 19 février 1936, Pierre Chollet épouse à Oran Suzanne Moyen née le 23 mai 1911 à Oran, fille de Jean-Baptiste Moyen, employé des Postes, et d'Antoinette Moyen née Pastor, couturière. Ils ont quatre enfants: Jean-Noël, né le 24 décembre 1936 à Oran, Paul, né le 20 janvier 1938, Anne-Marie, née le 23 mai 1939, et Françoise, née le 12 janvier 1942, tous trois à Lourmel. Pierre gère les propriétés de ses parents et sa ferme, et s'occupe des jeunes du village à travers le scoutisme.

Avec l'Intégration de 1958, l'armée pense que Pierre Chollet réunira facilement les deux communautés et lui demande de se présenter aux élections municipales. Il forme sa liste avec Brahim Attig comme premier adjoint et, entre autres conseillers, les deux premières conseillères municipales de France : Yamina Bouchkara, femme d'un ancien combattant, et Jeanne Cambillau, agricultrice. Ils sont élus le dimanche 26 avril 1958. Un Bilan Politique de la SAS de Lourmel mentionne qu' "Une satisfaction générale se manifeste dans tous les milieux européens et musulmans"*

Le nouveau Maire pense que la commune à vocation agricole doit donner à chacun la possibilité de prospérer à partir de la terre. Il commence donc par faire venir le service de la restauration des sols pour aménager des banquettes sur des collines ravinées et incultivables appartenant à la commune, et y fait planter des arbres fruitiers. Ceci fait, il distribue ces terres aux employés communaux qui en deviennent propriétaires.

Il s'attaque ensuite à un double projet: construire deux douars pour rassembler les petits paysans arabes éparpillés dans la nature et dont les enfants, de ce fait, n'ont pas accès à l'école et au dispensaire médical comme ceux qui habitent le village, et améliorer, par la création de coopératives, le niveau de vie des familles regroupées dans ces douars. Il travaille à ces réalisations avec l'équipe du Conseil Municipal, soudée et passionnée par ce projet.

Le nouveau douar de Rouiba devient une coopérative d'élevage ovin. Une bergerie modèle avec piscine pour bain anti-galeux est réalisée sous les directives du vétérinaire Ernest Boismery, inspecteur de l'élevage de l'arrondissement. Celui de Magra devient une coopérative agricole. Je n'en ai pas retrouvé les statuts qui étaient remarquables : je me souviens seulement que chaque adhérent devait travailler à la coopérative un nombre donné d'heures qui lui laissait le temps d'exploiter le terrain (de 1 à 3 hectares) dont il devenait par ailleurs propriétaire. Un instituteur et une infirmière y entrent en fonction, un médecin y vient une fois par semaine. Une coopérative de tannerie voit aussi le jour au village, avec des statuts analogues.

A chaque projet, il faut demander des subventions à la sous-préfecture d'Aïn Temouchent et le sous-préfet Pierre Nicolle s'intéresse grandement à ces réalisations. C'est ainsi que le 08 mars 1959 la coopérative modèle de Magra sera inaugurée en présence du Général Pasteur. Cent cinquante nouveaux logements y seront inaugurés le 17 décembre 1959, alors que cent cinquante autres l'avaient été le 17 février au douar de Rouiba. Le 15 décembre 1961, le préfet d'Oran Robert Andrieu, le général de Bellenet, commandant la Z.C.O. et le sous-préfet Pierre Nicolle visitent le périmètre de culture de la Société Coopérative Agricole Polyvalente et des bâtiments d'exploitation, et président à la répartition des dividendes entre les 86 coopérateurs. Y assistent des personnalités de la région, en particulier les députés Chérif Sid Cara et Djelloul Berrouaine et le maire d'Aïn Temouchent Armand Orsero. Le 28 mai 1961, Jean Morin, délégué général du Gouvernement en Algérie, Fernand Gambiez, Général Commandant  en Chef des Forces Armées en Algérie et plusieurs préfets et députés viennent à Magra montrer les réalisations de la France à des journalistes de nombreux pays, occidentaux, arabes, asiatiques, et notamment d'Union Soviétique, qui manifesteront leur surprise devant cette oeuvre et en admireront l'organisation *.

Pierre Chollet se penche alors sur un projet de transformation du Port de pêche de la plage de Bouzadjar. Celui-ci est situé à la première plage face à l'ouest. Il envisage de le déplacer à l'extrémité de la deuxième plage, au "Blanquissar", beaucoup plus abrité, et d'y construire une digue. Les bateaux de pêche seront ainsi parfaitement à l'abri quelle que soit l'orientation du vent et n'auront plus à être hissés sur le sable lors des tempêtes. Les plans sont faits pour construire la route qui conduit au "Blanquissar", le nouveau village de pêcheurs  et la conserverie. Les travaux commencent, mais ils ne pourront être achevés: nous sommes en 1962. Ils seront repris plus tard après l'Indépendance.

Parler de sa responsabilité de Maire pendant la terreur, de ses pourparlers avec le FLN, notamment pour faire libérer le jardinier de la commune qui avait été enlevé, et de tout ce qu'il a risqué et subi ces derniers mois, nécessiterait un long développement. Je rappellerai seulement qu'il allait toujours seul pour engager les pourparlers, en tenue légère d'été, les mains nues et les poches vides, et que le fellagah qu'il avait en face de lui devait poser sa mitraillette sur la table et vider ses poches de toutes ses grenades pour pouvoir s'asseoir. Et aussi quelques belles marques de solidarité courageuses de la part de musulmans, notamment d'un ancien scout musulman qu'il avait formé jeune. Je me souviens aussi du chagrin des Arabes les plus proches, comme Abd Allah, qui est venu tous nous embrasser le jour de l'Indépendance en pleurant, et qui est reparti en faisant un geste d'impuissance.

Tout cela reste gravé à vie dans ma mémoire.

                                                                                                                                                                                                                     Françoise Chollet     
                           


* Rapports Mensuels de la S.A.S de Lourmel Département d'Oran, arrondissement d'Aïn Temouchent" (.S.A.S : Section Administrative Spécialisée). Rapports contenus dans les fonds du CAOM (Dossier Préfecture Série Continue T1 - Oran Département Oran - Préfecture 1831 - 1962), qui m'ont été communiqués par Bernard Robert, créateur du site Internet : "Lourmel village de l'Algérie Française" 
Les premières familles de colons lourméliens
Les immigrants Espagnols
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En 1916, le grand-père maternel de Benoît Rolland, Rafaël Suarez (dit Rafaël « El Chalàn ») né le 28 mars 1895 à Lourmel. Photo prise à Séville pendant son service militaire.

L'arrière grand-père, souhaitait que l’aîné de ses fils garde la nationalité Espagnole.
La chasse à Lourmel
Les Fermes
Les Moissons
Le Vignoble et la Production viticole en 1888 à Lourmel
La population est de 2374 habitants, tant européens qu'indigènes - 213 hectares plantés en vignes. D'ici deux ans leur production aura atteint de 13 à 14 000 hectolitres.

Les vins de cette commune peuvent être divisés en deux catégories distinctes. Les vins produits par les coteaux et ceux produits par la partie de ce vignoble qui s'étend vers le lac salé.

Les premiers sont d'une constitution robuste unissent à un degré alcoolique élevé une belle couleur et de l'ampleur. Bien que leur terrain soit assez accentué, il n'est point désagréable.

Les vins de plaine se présentent avec les mêmes caractères, mais dans des proportions moindres, en ce qui a trait à leur constitution, sauf pour leur terroir qui est plus accentué.

La moyenne des analyses a produit pour les vins des années 1885 et 1886 : 12° d'alcool, 0g35 de sulfate de potasse, 28 gr d'extrait sec.

Les pionniers bâtisseurs de Lourmel
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Les Conseils Municipaux de Lourmel



Conseil municipal des années 20
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1 Noël Cambillau  -  2 Marc Maillé  - 3 Pierre Yung  - 4 Louis Ambert    (Photo Jean-Marie Cambillau)
 
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1 Jules Chollet - 2 Charles Dubroca - 3 Edouard Chollet - 4 Frédéric Dorbessan - 5 Louis Louis - 6 Louis Ambert - 7 Jacques Maillé - 8 Maurice Petit - En bout de table les notables arabes dont Ould Kadi. (Photo Jean-Marie Cambillau)
Le Maire de Lourmel Louis Ambert
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Louis Ambert à gauche devant le Monument aux Morts - A droite un Gendarme de Lourmel   (Photo Jean-Marie Cambillau)
Remise Légion d'Honneur à Louis Ambert
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1 Louisette Durr - 2 Mireille Demeuré  -  3 Edouard Chollet  -  4 Frédéric Dorbessan  -  5 Louis Louis -   6 Jacques Maillé  - 7 Paul Yung  -  8 Maurice Petit  -  9  Louis Ambert (récipiendaire)   -  10  Obadia  -  11  Raguet   -  12  Eliane Yung   -  13  Céline Maillé   -   14 Maryse Maillé  -  15 Jean Dubroca  (Photo  Jean-Marie Cambillau)  
Mariage des années 30
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Mariage en 1930 de Albert Yung et Rosalie Gomez - Parents de Marie-Thérèse Bouche née Yung - Albert Yung - Lucien Yung - Monique Garcia née Yung  (Photo Jean-Marie Cambillau) 
Enfants des premiers colons
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A gauche Pierre Chollet, les nounous au mileu et à l'extrême droite Marie-Louise Molle fille de Jules (Photo Françoise et Anne-Marie Chollet)
Famille Maillet - Chollet à Lourmel et Bouzadjar en 1933 et 1934
 
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