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Rubriques Les personnalités et cérémonies officielles
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Les vins des Lourméliens
Arlette et Jean-Marie CAMBILLAU 16 Le Vergey 33410 CADILLAC Tél : 05.56.62.92.48 Fax : 05.56.62.65.18 http://www.vins-graves.com
Bernard BOUCHE et fils Viticulteurs à PODENSAC (33) Tél : 05.56.27.17.05 Fax : 05.56.27.24.19 Nicole&Frédéric DOERMANN à LATRESNE (33) Tél : 05.56.20.78.19
Immobilier
Tél: (33) 04.93.93.08.74 http://www.daumimmo.com/
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La vie des Lourméliens
Hommages Nous venons d'apprendre avec beaucoup de peine le décès, le 25 février 2005, dans 94ème année, de Edouard Garcia, à Joué les Tours (37) où réside sa fille Lucie Fouin. Edouard Garcia était forgeron à Lourmel et jouissait de l'estime toute particulière des lourméliens. En cette circonstance tragique nous tenions à rendre un hommage affirmé à cet homme au grand cœur, humble, valeureux et courageux qui a mené une vie exemplaire. Nos sincères condoléances à toute sa famille et notamment à ses enfants Lucie, Dadou, Jean, Andrée et Aline.
Noces de Diamant
Un appel à la reconnaissance
Plus de 40ans après l'exode on n'a toujours pas reconnu le travail accompli par nos ancêtres, arrivés pour la plupart soit de France, d'Allemagne, d'Espagne ou d'Italie sans un centime en poche et, qui avaient réussi, au fil des générations, à faire de ce pays une des plus belles provinces françaises. Il faudra bien qu'un jour ou l'autre, justice leur soit rendue. C'est un devoir de mémoire pour nous tous et pour vous les jeunes en particulier.
Charles Yung
Ecrits d'un ancien Lourmélien
12 Février 1962 : Le jour du marché. La vie au village Le marché à Lourmel se tient le lundi. Les arabes appellent d'ailleurs ce jour "nar souk", le jour du marché. C'est un moment important de la vie du village. Il vaudrait mieux dire, c'était un moment important de la vie du village, car, aujourd'hui lundi 12 février, il n'y a presque personne sur la place. Ce rendez-vous hebdomadaire a pratiquement disparu depuis quelque temps déjà. La présence de l'OAS, les risques d'attentat que fait courir le FLN en sont les causes. La méfiance prédomine, le ressort est cassé, l'activité tourne au ralenti. Pourtant ce marché du lundi a toujours été à la fois un moment incontournable et un lieu de rencontre. Son organisation a évolué depuis que la place du village a été aménagée et que la nouvelle mairie a été construite. Il est plus structuré et a perdu de son charme. Autrefois, il se déroulait dans une joyeuse pagaille. Dès le petit matin, les arabes des douars environnants, juchés sur leurs ânes, habillés de leurs burnous ou de leurs gandouras blanches (suivant la saison) arrivaient en procession sur la place du village. Ils venaient faire leurs provisions en farine, semoule ou légumes frais. Là, les y attendaient les marchandes qui s'étaient eux aussi levés très tôt. Un peu plus tard, les arabes du village et les femmes européennes avec leurs couffins (en fait il y avait peu de femmes arabes que l'on appelle mauresques) venaient se joindre à cette foule qui, au fil des heures, grossissait pour devenir une véritable ruche. Cette ruche s'activait dans un concert de bruits de toute nature : cris des marchands, rires, conversations à haute voix, palabres et marchandages sans fin, bêlements des moutons, piaillement des volailles, braiment des "bourricots", hennissement des chevaux... dans une féerie des couleurs : le blanc des djellabas, les robes multicolores des femmes, les tas d'épices ocres, rouges, jaunes, verts, les étalages de légumes et de fruits fraîchement cueillis, le rouge du sang des viandes pendues au crochet des bouchers.... dans un mélange d'odeurs et de senteurs de menthe, d'épices, d'olives, de végétaux de toutes sortes, de crottin de cheval... offrant des scènes d'un autre âge comme l'arracheur de dents ou le charmeur de serpents.... Et tout cela sous un ciel fréquemment bleu et un soleil éclatant, souvent écrasant. En réalité dans ce marché se côtoyaient sans se fondre deux mondes tellement différents, deux mondes qui, jusqu'à une époque encore récente, vivaient dans les villages en bonne harmonie, n'hésitant pas à se considérer comme frères, sans toutefois aller jusqu'à considérer qu'ils pourraient être beaux frères. Et les hommes européens, ce jour de marché, où étaient-ils ? La plupart de ceux que l'on appelle les colons ne travaillaient pas ce jour là pour que les ouvriers puissent faire leurs provisions. Ils réunissaient par petits groupes sur la place ou dans les cafés devant un verre d'anisette. C'était le moment où ils pouvaient discuter, se donner des informations sur l'évolution du prix du degré d'alcool du vin, sur les nouvelles machines, sur les nouvelles techniques agricoles, à l'occasion sur la politique locale ou internationale. A Lourmel, les familles de colons sont au nombre d'une cinquantaine. La plupart d'entre elles sont issues de parents venus de France au 19ème siècle à des périodes différentes et pour des raisons économiques ou pour tenter l'aventure; les plus récentes d'entre elles sont issues de parents venus d'Espagne. Il convient d'ajouter à ces familles européennes qui produisent essentiellement du vin, quelques familles arabes propriétaires terriennes (dont le Cadi) pratiquant plutôt la culture des céréales et l'élevage. Les exploitations des colons se répartissent de la manière suivante : cinq ou six grands domaines (leurs propriétaires vivant plutôt à la ville), une quinzaine de grosses propriétés (disposant chacune d'une cave vinicole particulière), trente ou quarante propriétés de taille moyenne ou petite (faisant partie de la cave coopérative pour la production du vin). En dehors du vin (et des céréales, des fruits et légumes pour la consommation locale) il n'y a aucune autre activité de production, si l'on excepte l'usine de conserves de sardines implantée à Bou Zadjar, maintenant fermée. L'activité productive repose donc essentiellement sur l'agriculture. C'est elle qui fait travailler les nombreux artisans, en général issus de parents espagnols (bourreliers, forgerons, mécaniciens, maçons, peintres, menuisiers, jardiniers, ferblantiers, transporteurs....ou qui crée les emplois occupés en majorité par les arabes (ouvriers agricoles permanents, saisonniers ou journaliers, chauffeurs, commis de ferme, manœuvres..) Le commerce (épiciers, bouchers, boulangers, quincaillier, cafetiers...) est assuré surtout par des familles israélites, mais aussi quelques familles européennes et arabes. L'activité administrative, de services et de santé (poste, justice, services fiscaux, enseignement, administration locale, banques..) à l'exception de certains postes de responsabilité (occupés jusqu'à une époque récente par des métropolitains) est assurée surtout par les européens nés en Algérie. Les français de métropole sont appelés "patos", car autrefois les habitants d'Algérie considéraient la France comme un pays froid qui ne pouvait être habité que par des "canards" ! Dans ce tableau sommairement esquissé de la structure de l'activité économique du village, on voit que ceux que nous appelons les "arabes" ont peu de responsabilités. En fait, le terme d'arabes est très réducteur; il recouvre en fait une réalité complexe que nous, européens, connaissons mal. "Les arabes" sont le résultat d'un grand métissage de turcs, arabes, noirs, andalous, musulmans d'Espagne dont l'ascendance oscille entre le mélange arabo-berbère-ibère et un ibérisme pur. A Lourmel comme dans tous les villages de l'Oranie, on peut distinguer les arabes vivant au village de ceux habitant les douars à l'extérieur. Ceux du village - même si comme on vient de le voir - ont peu de responsabilités économiques, n'occupant en fait que des emplois subalternes, sont partiellement intégrés : ils parlent le français, sont intéressés par le progrès, bénéficient des soins médicaux et de l'aide sociale, vont maintenant à l'école française, ont participé aux guerres 14/18 et 39/45, ont décrochés quelques médailles, sont des anciens combattants... En revanche, les arabes des douars, malgré tout ce qui a été fait pour eux par l'administration française dans tous les domaines, sont restés en dehors du progrès, conservant leur habitat traditionnel, cultivant leurs terres avec des outils rudimentaires tirés par les ânes ou les vaches, élevant des troupeaux faméliques de bétail. C'est un autre monde que la civilisation française n'a pu véritablement pénétrer mais que la propagande islamique a su parfaitement exploiter à son profit, au besoin en faisant régner la terreur. L'administration française a bien essayé de sécuriser ces populations en les regroupant dans des petits villages de maisons construites en dur et en leur donnant les moyens de se défendre; mais ceci n'est pas une réussite. L'égorgement d'un couple d'arabes, accusé à tord ou à raison de collaborer avec la France et laissé sur un chemin de terre (comme je l'ai vu plusieurs fois pendant mon service militaire) avait plus d'effets que les beaux discours et les belles promesses que nous pouvions faire. La vie au village et à la ville a évolué de manière importante ces dernières années sous l'effet conjugué de la scolarisation massive des enfants européens depuis une génération et des conséquences de la guerre qui dure depuis six ans. Cette évolution s'est faite dans le sens d'un rapprochement plus grand des différentes composantes de la communauté européenne chrétienne et israélite (globalement on peut dire que tous les jeunes de cette communauté se considèrent français, commencent à avoir - grâce aux diplômes obtenus - les mêmes chances de réussite dans la vie qu'ils soient de la ville ou du village) et en contre partie d'une séparation plus accentuée entre communauté européenne et musulmane. Cela n'a pas toujours été le cas bien au contraire. Quand j'étais adolescent et que j'avais commencé vraiment à prendre conscience de la réalité des rapports de force, des disparités entre les hommes, j'avais noté les différences dans les comportements. A Oran la population était relativement cloisonnée, morcelée en groupes spécifiques. "La Calère" c'était le vieil Oran aux rues tortueuses, aux maisons imbriquées les unes aux autres habitées par des familles espagnoles de pêcheurs de longues traditions et quelques familles françaises implantées depuis plusieurs générations; la langue utilisée était l'espagnol. Le Centre de la ville - de création plus récente - était habité par des familles aisées : commerçants ou propriétaires terriens, par des fonctionnaires, mais aussi par des gens de condition modeste arrivés en Algérie depuis une ou deux générations; la langue, c'était plutôt le français. La rue des juifs regroupait les israélites essentiellement commerçants - monde assez fermé, très replié sur lui-même, traditionalistes dans leurs comportements. Une grande partie des arabes habitait "le village nègre". Ils vivaient entre eux selon leurs règles et leurs traditions. Beaucoup d'entre eux venaient travailler chez les européens ou dans le commerce; ceux ci outre leur langue d'origine parlaient français ou espagnol. Enfin les populations des faubourgs Gambetta, Saint-Eugène, Choupot, Eckmul... étaient plus mélangées mais en majorité ouvrière et d'origine espagnole. Ce cloisonnement se manifestait surtout dans le domaine du football : chaque secteur de la ville avait son équipe : la Marine avec l'ASMO, le Centre avec le GALIA, les musulmans avec l'USMO et puis le CDJ (Club des Joyeusetés), le CALO ou l'ASSE (St Eugène). Toutes ces équipes s'affrontaient dans des joutes héroïques entre elles ou contre les autres équipes d'Oranie : le SCBA (Bel Abbes), la MARSA (Mers el Kébir) ou l'ISM (Mostaganem)... Qui ne se souvient des matches entrés dans la légende entre le SCBA et l'USMO, où se révélaient les rivalités entre la province et la capitale régionale mais aussi entre français et arabes Tous ces groupes, s'ils ont gardé longtemps leurs particularités qu'ils perdent maintenant, ont eu toujours leurs points communs, une culture commune (tous se sont sentis oranais), un mode de vie commun (la mouna, l'anisette, la kémia, les brochettes, le couscous, la paella...), un langage commun (expressions, tournures de phrases, mots franco-hispano-arabes, alimentant le " pataouete", langage local). Jusqu'à ces dernières années, la vie à Lourmel a été différente, plus conviviale. La population étant plus mélangée, moins cloisonnée on se côtoyait plus facilement, on communiquait dans les trois langues : français, espagnol, arabe. Au niveau du village, il y avait une mémoire collective faite d'histoires que l'on se racontait de générations en générations, ou d'évènements plus récents comme par exemple ce fait : le banquier avait été acheter une corde chez le quincaillier, celui-ci lui avait demandé en plaisantant s'il n'allait pas se pendre; le lendemain le banquier était retrouvé pendu. Les relations en apparence harmonieuses ne l'étaient pas toujours. Pendant les élections locales, les familles se déchiraient. Et comment oublier ce qui m'avait choqué quand j'étais enfant : pendant la guerre 39-45, les européens du village, comme une majorité d'européens d'Algérie, étaient pétainistes (plus tard le Général de Gaulle s'en souviendra !); pour suivre les directives du Maréchal, les juifs étaient rejetés; le secrétaire général de Mairie qui était juif avait été démis de ses fonctions ! La convivialité, l'amitié ont rarement dépassé le seuil du mariage. On se marie peu entre chrétiens et musulmans (chez les musulmans on accepte ce type de mariage si l'homme est musulman et la femme chrétienne, jamais dans le cas inverse !), entre chrétien et juif et, jamais entre juif et musulman, ceci tient au fait religieux. Au sein des chrétiens, on acceptait le mariage entre familles d'origine différente (française et espagnole par exemple), si les richesses de chacune d'entre elles calculées en nombre d'hectares étaient équivalentes; mais ceci tend à disparaître. Dans la vie du village, il y a tout un parler spécifique. D'abord il y a ce côté moqueur et sans pitié pour les imperfections physiques qualifiées par des mots espagnols : "le cojo, le boiteux", "le bisco, celui qui louche", la "tchina, cochone" et tant d'autres.... Ensuite et surtout un langage particulier que l'école a réussi à améliorer mais où subsistent des expressions, des tournures de phrases, des prononciations pas très académiques. Que n'ai-je entendu dans mon enfance le "après si...vient l'imparfait" ou encore le "on" prononcé "an" et réciproquement. Mais c'est dans les expressions que réside le côté "jaïouel, vulgaire" de notre identité. Ces phrases que l'on termine par "un tché" (diminutif de leche) ou par "joere" diminutif de "joder" (que l'on pourrait traduire par un autre mot vulgairement largement utilisé aussi : "niquer") ou encore "la purée !". Mais c'est le mot "putain" qui est largement utilisé, d'abord comme mot d'insulte surtout quand il qualifie une personne "putain de ta mère" (insulte suprême) ensuite comme ponctuation auquel cas suivant la manière de la prononcer il exprime la surprise, l'admiration, l'agacement, la colère... Ou encore le "pos baya; bien ! voyons !" le "bitcho malo, bête malfaisante" le "caouette, rapporteur" ou la "cagade, la malchance" et quand on voulait valoriser quelqu'un on disait "il est capable" ou qu'on voulait se distinguer on y allait de "c'est succulent" "je suis offusqué" "c'est la croix et la bannière" "j'amalgame et j'incorpore". Et quand on était d'accord ou que l'on voulait se réconcilier "on tapait cinq" en se frappant la main. La vie de village, c'est tout un folklore avec ses personnages : le garde champêtre "Bartho" ses médailles et son tambour... "Justo", l'entrepreneur toujours actif ou "Pépico" très populaire (qui eut une fin tragique) et puis "Blanchette" cet arabe à la peau noire au visage souvent tuméfié qui portait les pains de miel dans des récipients à la propreté très relative ou qui vendait les "tchumbos, figues de barbarie" ... Et les lieux de palabre tels que les bistrots de la place où l'on refait le monde, la quincaillerie ou les commerces où l'on se communique les dernières informations.... Et ces scènes de la rue : les arabes noirs du sud (musulmans et animistes) précédés de la vache couverte de fleurs, de rubans et de calicots, dansant et faisant un bruit infernal avec leurs tambours et leurs castagnettes pour implorer la pluie et recueillir les fonds. Et le marchand d'oublis (gaufrettes) avec son clic clac ou le marchand de crème glacée avec sa charrette, transpirant sous le soleil torride ou encore le garde champêtre avec son lasso à la poursuite des chiens errants.. Et toutes ces superstitions dont on se défend d'y croire mais qui sont ancrées en nous : les couteaux qu'il ne faut pas croiser, l'échelle sous laquelle il ne faut pas passer, le chiffre 13 qui porte malheur ou encore le "pita fero, siffler sur le fer à la vue d'une soutane" suprême manifestation anticléricale.
Ma dernière journée à Lourmel Avant de partir d'Algérie dans le flot des "vaincus de l'Histoire", j'étais retourné à Lourmel, que j'avais quitté deux mois auparavant, effectuer une dernière visite. C'était le 20 juin 1962, dix jours avant l'indépendance de l'Algérie. Le village venait d'être abandonné, dans une fuite éperdue, par toute la population européenne, à l'exception de quelques familles dont un de mes oncles et de son épouse. Comme il n'y avait plus d'autorité française, cette visite était risquée et délicate, car je pouvais être arrêté de manière arbitraire par ceux qui avaient pris possession des lieux. Mais pour au moins deux raisons, j'avais eu besoin de le faire. D'abord pour rencontrer un habitant arabe du village qui avait été blessé deux mois auparavant par une balle tirée de je ne savais où, alors que je tournais le dos; ensuite pour voir si mes parents qui étaient alors en France pourraient revenir faire les vendanges. Sur la route d'Oran à Lourmel, je n'avais rencontré pratiquement personne. Arrivé au village, j'avais éprouvé un choc : la place était déserte, vidée de ses habitants. Personne. Seul trônait dans son attitude guerrière la statue du général de Lourmel qui semblait vouloir défendre encore la présence française. L'atmosphère était lourde, la chaleur accablante. Était-ce bien raisonnable de ma part d'être venu là ? Non bien sûr mais dans la situation du moment où était la raison ? J'avais rencontré l'homme qui avait été blessé. Il s'appelait Omar. Nous nous étions serrés la main, regardés dans les yeux; il m'avait dit qu'à aucun moment il avait pensé que je pouvais être l'auteur de ce tir absurde et m'avait remercié d'être venu le voir. Tout cela n'avait duré que cinq minutes et j'avais été soulagé d'être lavé de tout soupçon. Avec mon oncle, j'avais été rencontrer M. Rouidi, l'ancien facteur du village, l'homme sage de la communauté arabe, chez lui, dans sa modeste demeure. Il nous avait très bien reçus et chose étonnante dans le contexte du moment, il avait fait l'éloge de mon père et m'avait indiqué que l'Algérie allait toujours avoir besoin de gens comme lui et comme mon oncle qui était là présent et dont il avait vanté le courage d'être resté. Me précisant qu'il se portait garant de sa sécurité et de celle de son épouse. Curieux pays ! J'avais ensuite passé un moment d'intense émotion dans la maison des grands parents maternels avec mon oncle et ma tante qui étaient bien seuls, conscients qu'ils prenaient beaucoup de risques en restant dans ce contexte précaire et difficile à cerner. Qu'espéraient-ils ? Ils ne le savaient pas vraiment. Tenir, continuer, poursuivre, ne pas abandonner comme l'avaient toujours fait leurs parents devant les multiples obstacles rencontrés dans ce fichu pays. "Peut-être que les Européens pourront trouver une place dans la nouvelle Algérie ? " m'avait dit mon oncle. Illusion ! Nous avions partagé le repas préparé par ma tante dans lequel il y avait ce qu'elle faisait si bien la salade de poivrons et tomates grillés sur feu de bois avec de l'ail et de l'huile, tout en discutant sur les chances qu'avaient les Européens de revenir au pays. La situation dans laquelle nous nous étions trouvés alors avait été bizarre, irréelle et inconfortable. J'avais été content de découvrir le côté chaleureux et généreux de cet oncle que j'avais toujours considéré comme distant et réservé. Mais en reprenant la route d'Oran désertée et inquiétante, je m'étais dit que pour rester dans ce contexte il fallait avoir du courage et peut-être aussi une dose d'inconscience. Rétrospectivement je pense que je n'avais pas eu tort d'être inquiet, sachant ce qui, une quinzaine de jours après (le 5 juillet 1962), s'était passé à Oran : des centaines d'Européens massacrés dans la plus parfaite indifférence des militaires français et des autorités algériennes. Mais mon oncle et ma tante en restant au village savaient qu'on ne leur ferait rien, qu'ils seraient protégés par les Arabes de Lourmel (comme me l'avait dit M. Rouidi) car malgré tout ce qui s'était passé, les liens entre communautés existaient toujours. Ce qui fut le cas ! Et mes parents grâce à eux avaient pu revenir faire les vendanges deux mois plus tard.
Photos d'Agnès Tanière Agnès, fille de Joseph Baby et de Suzanne Maillé, m'a confié quelques photos qu'elle souhaite faire partager et que j'insère à votre attention dans cette page, à vous réservée. Merci Agnès. Elle a réalisé ces clichés en 1987, au cours d'un séjour en Algérie avec ses parents. Occasion pour la famille Baby de retrouver le berceau familial, de recevoir un accueil aussi chaleureux que le nôtre, et de revoir avec émotion leurs amis lourméliens la famille Fachouch.
Les retrouvailles
Arrivée à Lourmel de la famille Baby
Rencontre avec Amar près de la maison Maillé
Fachouch et Joseph Baby
Scènes de la vie quotidienne à El Amria
Visite au marché devant l'Église transformée en Mosquée
La vente de fèves et de piments Vues du village
Le Jardin public
Toujours présente
Arrière du marché
Rue de la Mosquée (maison Maillé façade grise et ancienne mosquée à sa droite)
École primaire
Maison Ould Kadi
Le village "arabe" aujourd'hui la "ville nouvelle"
Les témoins indifférents
Cigognes d'aujourd'hui... comme d'hier
Propriété
Propriété Paul Cambillau © Copyright 2004 - 2005 Agnès Tanière - Tous droits réservés
En reconnaissance d'une guérison (Marie-George Cambillau) A l'âge de 8 mois, j'ai été atteinte d'une neurotoxicose. En reconnaissance de ma guérison mon grand-père et ma grand-mère Paul et Marie-Rose Cambillau ont offert à l'église de Lourmel (suite au conseil du prêtre de l'époque qui revenait d'un pèlerinage au Portugal) la statue de la Vierge de Fatima. La réception de cette statue a eu lieu en mai 1955, le jour de la communion d'Arlette Cambillau qui aura pour la circonstance couronné Notre Dame de Fatima.
Au moment de l'exode cette statue a été sauvée et rapatriée en France. Elle a ensuite été offerte par mes parents Jean-Noël et Andrée Cambillau à l'église de Golfe Juan (Alpes Maritimes). Un choix qui n'a pas été anodin ! C'est dans ce département la ville qui compte le plus grand nombre de Portugais que chaque année, au mois de mai, une procession nocturne attire des centaines et des centaines de personnes de cette communauté (voir article Nice Matin du 18 décembre 1974). En souvenir et liés par cette reconnaissance, mes parents ont souhaité que mon mariage soit béni en cette église le 30 avril 1977. Une pensée toute particulière et un grand merci au Docteur Groscolas qui contribua à ma guérison. Au moment de l'indépendance, le hasard a fait qu'il est venu s'installer à l'Isle Jourdain dans le Gers où il a continué à nous suivre.
Un geste de reconnaissance le jour de mon mariage (Photo Marie-George Cambillau)
Aux dernières nouvelles, cette statue de Notre Dame de Fatima aurait quitté Golfe Juan et se trouverait désormais dans une église de Cannes.
Tract pour le maintien des français en Algérie (pendant ou après l'Indépendance ?)
Document André Bessueille
Photos de Germain et Andrée Puertas épouse Cuenca Germain et Andrée Puertas épouse Cuenca, par l'intermédiaire de leur cousin Yvon Lorente, m'ont fait parvenir quelques photos qu'ils souhaitent vous faire partager. Je les remercie chaleureusement. Ils ont réalisé ces clichés en 1985, au cours d'un séjour en Algérie.
La Mairie
La recette municipale
La maison Paul Yung (à droite) et Café Dorbessan, café de "Mounette" (en face)
Le Jardin public
Andrée Puertas dans le Jardin d'enfants. En arrière plan la villa Paul Cambillau
La première école maternelle et la rue qui descend chez le Docteur Bouchut
L'école de filles devenue en 1954/1955 l'école maternelle
L'école de fille, l'ancienne Poste, l'église transformée en mosquée, le Jardin public (à droite)
La poste
La gare
La villa de Joaquin Puertas (les pompes à carburant ont disparu)
La villa de Joaquin Puertas
La villa de Joaquin Lorente
Famille GARCIA - LORENTE - PUERTAS
En novembre 1984 à Graulhet (81) De gauche à droite Clotilde LORENTE (épouse de Joaquin) Fifine GARCIA née LORENTE , son époux Jean (parents d'Alain GARCIA, beaux parents de Monique YUNG) Joaquin LORENTE et Isabelle PUERTAS née LORENTE (Photo Yvon LORENTE)
---ooOoo--- Nouveauté
"Souvenirs d'une petite fille déracinée" Marlène Garcia a quitté Lourmel à 11 ans. Elle retourne au pays en 2007. A ses yeux rien n'a changé sauf le cimetière qu'elle ne reconnaît pas dans ses souvenirs. Blessée par ce qu'elle découvre, elle décide de transcrire ses émotions, ses joies, ses peines mais aussi les parfums d'antan, les violences qui ont choqué sa petite enfance. Un petit livre agréable à lire et bien illustré pour le prix modique de 12 €, à se procurer auprès d'elle : lagoutte.marlene@neuf.fr
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Un petit ouvrage sur Lourmel
Emma Losilla a rédigé un émouvant et délicat récit sur la vie à Lourmel au rythme des saisons. "Par ce récit, je souhaiterais faire prendre la dimension des sentiments profonds qui poussent tout être humain à se remémorer les souvenirs intenses d'une époque révolue, à évoquer des lieux où la vie avait une saveur indicible...." Pour se le procurer: lome3@wanadoo.fr
Les sites à visiter
Nouveau : http://www.algerie-dz.com/forums/showthread.php?p=925125#post925125 adress. Un blog de Warry avec de très belles photos de Bouzadjar et des couchers de soleil magnifiques. http://amistadoran.googlepages.com/ASSOCIATIONNOSTALGERIEPACA.doc Une adresse pour ceux qui veulent organiser un voyage dans la région d'Oran et revoir leur village. http://voyage.algerie.06.free.fr/ Le site de Marie-Line Meunier, fille de Norbert Maillé, qui nous fait partager son retour en Algérie avec sa famille sur les terres de son enfance : Laferrière, Lamoricière, De Malherbe, Les Andalouses... Un témoignage fort intéressant pour ceux qui veulent revoir le pays où ils ont vécu. De nombreuses et belles photographies. A LIRE ET A VOIR. http://aquareliane.site.voila.fr/ De magnifiques aquarelles d'une finesse remarquable ayant pour thème "fleurs et bouquets" que Christiane Baby originaire de Lourmel a réalisées et qu'elle présente sur son site. A VOIR ABSOLUMENT
---ooOOoo--- http://monalgeriepn.free.fr/ Un très joli site créé par Brigitte Pecollo aux notes romantiques sur la vie des pieds noirs en Oranie. http://membres.lycos.fr/truelhugues/ Un site fort intéressant sur Laferrière créé par Jean Hugues Truel, avec de nombreuses photos d'hier et d'aujourd'hui, avec des liens sur sa généalogie et la généalogie de nos ancêtres du Tarn. http://ainfranin.free.fr/ Un site très instructif sur Aïn Franin, village de l'Oranie créé par Monique Vicedo-Bertier et sa fille. Beaucoup de nostalgie et un travail historique passionnant. http://www.piedsnoirs-aujourdhui.com/ Le site du magazine "Pieds Noirs d'hier et aujourd'hui" qui a repris dans son numéro 127 de février 2005 partie de textes et documents de ce site. A voir à l'adresse: http://www.piedsnoirs-aujourdhui.com/lourmel.html.
Comme l'a si bien écrit André Yung, auteur d'une biographie sur sa famille au titre : "Les Yung" 1800-1936 : "Pour que rien ne soit perdu".
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