|
|
||
|
|
||
![]() |
|
|
Rubriques Le
village aujourd'hui Annuaires
et vieux papiers Les Personnalités et cérémonies officielles La
vie des lourméliens
| ![]() |
Les vins des Lourméliens Arlette et Jean-Marie CAMBILLAU 16 Le Vergey 33410 CADILLAC Tél:05.56.62.92.48 Fax : 05.56.62.65.18 http://www.vins-graves.com
Bernard BOUCHE et fils Viticulteurs à PODENSAC (33)Tél05.56.27.17.05 Fax : 05.56.27.24.19
Nicole&Frédéric DOERMANN à LATRESNE (33) Tél : 05.56.20.78.19 Louis-François ROBERT Viticulteur - Récoltant à VERZE EN MACONNAIS (71960) Tél: 03.85.33.38.94
|
|
|
|
LA PAROISSE DE LOURMEL
Eglise St Nicolas
Monographie de la Paroisse de Lourmel
rédigée en 1909 par Me André curé de Lourmel (Copie de manuscrits originaux confiés par Pascal Diener et retranscrits par Bernard Robert).
Afin de mettre un peu d'ordre dans ce travail, nous le diviserons en deux parties. Dans la première, nous étudierons le centre de Lourmel au point de vue étymologique, topographique et économique. Dans la deuxième, nous suivrons la vie de la paroisse depuis son origine jusqu'à ce jour.
1er Lourmel tire son nom du Général Frédéric Henri Lenormand de Lourmel, né à Pontivy en 1811. Il fit ses études militaires à St Cyr et fut envoyé en Algérie en 1841. Sa brillante conduite dans différents combats lui valut le grade de Colonel en 1849; c'est en cette qualité qu'il commanda l'une des colonnes d'assaut de Zaatcha. Bientôt après il prit part à l'expédition de Kabylie. Quand la conquête de l'Algérie devint un fait acquis Louis Napoléon, alors Président de la République, se l'attacha comme aide de camp. Nommé Général de division à cause de la part qu'il prit au coup d'Etat, il reçut quelques années plus tard un commandement dans l'Armée de Crimée. Mortellement blessé à la bataille d'Inkerman, il expira le 5 septembre 1854. Le gouvernement ayant offert à la veuve du Général une recette buraliste, cette dernière déclina l'offre qui lui était faite mais sollicita la faveur de voir un des nouveaux centres algériens porter le nom de son mari. Ajoutons que le nom de Lourmel a été aussi donné à plusieurs rues : Paris en possède une et Oran une autre. Avant que le village actuel fut créé, les Arabes l'appelaient "Bou-Rsass" qui signifie le frère, le maître de la balle parce que, dit-on, le chef du village était un adroit tireur. On le nommait encore "El Amria", la bien peuplée, bien colonisée. Il nous a été impossible de connaître la date précise de la création du centre de Lourmel. Le premier acte de l'état civil inscrit sur les registres conservés dans les archives municipales remonte au septembre 1858 et porte la signature du capitaine d'artillerie Henri Bézard, juge de paix du territoire militaire de la banlieue d'Oran, y remplissant les fonctions civiles, administratives et judiciaires. Cet officier exerça ces mêmes fonctions à Terga, Rio Salado et Aïn Moudzoudf. En 1864, Lourmel devint annexe de Bou-Tlélis, et fut enfin érigé en commune de plein exercice, d'après un arrêté préfectoral du 22 juillet 1870, confirmé par un Décret du 17 Janvier 1876. Lourmel se trouve situé à 94 mètres d'altitude, à 42 kilomètres d'Oran, sur le bord de la Sebka qui le limite au Sud, et dont il n'est distant que de deux kilomètres. Ses limites à l'Ouest sont : Er Rahel à 10 kilomètres; au nord la plage de Boudjezar (père du boucher ou du bourreau on ne sait pourquoi) 17 kilomètres, et enfin à l'ouest Bou-Tlélis (12 kilomètres). Les relations avec le centre de Lourmel sont d'autant plus faciles qu'il est desservi par une gare située sur la ligne d'Oran à Aïn Temouchent. Il est le siège d'une justice de paix dont dépendent Bou-Tlélis et Er-Rahel, toutes deux communes de plein exercice; d'une recette des contributions diverses qui exerce son action sur Bou-Tlélis, Er-Rahel, Aïn el Arba et Hammam Bou-Hadjar. La population actuelle est de 4105 habitants qui se répartissent de la façon suivante: 400 français en grande partie originaire du Tarn, 870 étrangers la plupart espagnols venus de Polopos, province de Grenade, 63 israélites et 2772 musulmans habitant la partie du douar de Sidi Bakhti, concédé à Lourmel. Le territoire de la commune couvre une superficie de 23 321 hectares dont 783 complantés en vignes et 410 produiront des céréales. Le cimetière situé à 800 mètres du village est un des mieux entretenus que nous connaissions. Ajoutons pour être complet qu'à 10 kilomètres dans la direction Nord se trouve un vaste terrain réservé aux tirs de l'artillerie et qu'on appelle le Polygone. Lourmel, comme la plupart des villages d'Algérie, est tiré au cordeau et forme un carré. Au centre se trouve une immense place que traverse la route d'Oran à Tlemcen. De nouvelles écoles ont été bâties il y a trois ans, elles sont identiques à toutes les nouvelles constructions de ce genre et sont de style mauresque, si cher à Mr Joumart gouverneur arabophile de l'Algérie. Lourmel étant peu distant de la mer, jouit d'un climat tempéré. Sa réputation de salubrité vient du soin apporté à tenir les rues dans un état convenable de propreté et aussi de pureté de l'eau potable qui est abondante et provient d'une source située à 4 kilomètres nord ouest du village. Nous passons sous silence, pour le moment, l'édifice qui domine le centre c'est à dire l'église, puisque nous aurons l'occasion d'en parler dans notre seconde partie.
2ème L'érection de la paroisse de Lourmel remonte au 20 août 1859, époque à laquelle Me l'Abbé Jacquemin en fut nommé le premier curé. Comme Aïn el Arba ne devait avoir un prêtre qu'en 1864, Me Jacquemin assura le service de ce centre pendant cinq ans. Des débuts de ce ministère, nous ne savons que peu de chose. Toujours est il qu'à l'arrivée du curé de Lourmel, il n'y avait ni église, ni local affecté au culte, de sorte que pendant quelque temps du moins la Messe fut célébrée tantôt dans une maison, tantôt dans une autre; c'était alors le ministère ambulant, qui, si pénible qu'il fût, pouvait à la rigueur avoir certains charmes. Quelques années avant sa mort, le bon frère Jacquemin nous faisait un tableau très poétique du lac qu'il traversait à cheval pendant l'été, pour se rendre à Aïn el Arba. Quelque fois il se servait d'une mauvaise tartane. "Je m'estimai heureux" nous disait il "lorsque, ayant fait la culbute, j'arrivais à destination accompagné de mes quatre membres et après avoir subi 4 ou 5 heures de cahots capables de donner le frisson". Mais revenons à Lourmel. Dès 1860 un local fut destiné au culte par les soins de la commune; c'était une simple chambre de huit mètres de longueur sur quatre de largeur. Ce local servit tant bien que mal d'église jusqu'en 1893, ce qui prouve une fois de plus que le provisoire peut durer longtemps. Dès qu'on eut un semblant d'église, on chercha un protecteur et St Nicolas fut choisi comme patron. Déjà en 1866, le conseil de fabrique qui avait été formé l'année précédente avait approuvé l'achat d'une statue du Saint, mais il y avait à se procurer auparavant les objets absolument nécessaires au culte; on en reparla à plusieurs reprises, mais ce fut tout; si bien qu'aujourd'hui 18 février 1909, l'église est vide de la statue de St Nicolas.....et de bien d'autres objets. Peut être serons nous assez heureux pour y arriver. Il va sans dire que tout manquait dans la nouvelle et pauvre église. En 1866, on avait pas encore de cloche pour appeler les fidèles aux offices; mais cette lacune fut comblée à la fin de cette même année. Cela pourtant paraissait d'autant plus facile alors que la fabrique recevait de la commune une subvention annuelle de six cents francs, subvention qui fut continuée jusqu'en 1870 inclusivement. De 1871 à 1873, elle fut abaissée à quatre cents francs; en 1874, elle n'était plus que de trois cents francs et depuis nous n'en voyons plus trace. Quant au presbytère qu'habitait le premier curé de Lourmel, il était, proportions gardées, au moins aussi exigu que l'église : 4 petites pièces en mauvais état, avec un semblant de cour. Ce n'est, croyons nous, qu'en 1871 ou en 1872 qu'un autre local fut concédé comme presbytère. Les différents curés qui séjournèrent à Lourmel habitèrent ce dernier jusqu'à l'époque de la construction de la nouvelle église en 1893. C'est vers cette époque, ainsi que nous le verrons plus loin que l'ancienne école devint le presbytère actuel. Quant à Mr Jacquemin, après un séjour d'environ huit ans, il fut nommé au Tlétat et remplacé le 28 Avril 1867 par Me l'Abbé Léautaud. Pendant le séjour de ce dernier, nous ne remarquons rien de vaillant. Il mourut le 21 janvier 1872 et fut inhumé dans le cimetière de Lourmel ; on éleva sur sa tombe une colonne surmontée d'une croix, avec cette inscription : " A la mémoire de Me Léautaud, ses paroissiens reconnaissants". Depuis cette date jusqu'au 9 juin de la même année la paroisse resta sans pasteur et Me l'Abbé Auguste Col, curé de Bou-Tlélis fut chargé par l'Evêché d'assurer le service religieux. Le 16 juin 1872, Me l'Abbé Février prit possession de son poste et il resta jusqu'à fin juillet 1879. Le 14 août suivant, Me l'Abbé Marc Alexandre Godet lui succède. Nous devons rendre à ce dernier cette justice, c'est qu'ayant laissé des écrits dans les archives, il nous est possible de suivre, pour ainsi dire au jour le jour, la marche, au moins temporelle de la paroisse. Il est regrettable cependant qu'il ne soit fait aucune mention des progrès spirituels de la dite paroisse. Ses prédécesseurs, nous n'en doutons nullement, ne sont pas restés inactifs; mais leur travaux et leurs efforts resteront en partie ignorés des hommes parce qu'ils n'ont pas cru devoir les consigner par écrit. Me l'Abbé Godet, aussitôt arrivé, commence par mettre un peu d'ordre dans la situation pécuniaire de la Fabrique, situation quelque peu embarrassée au départ de Me Février; ce dernier, en effet laissant plus de quatre cents francs de dettes. Bientôt après, on décide, au moyen d'une souscription ouverte en 1880, l'achat d'un harmonium de sept cent quatre-vingt francs; tous les paroissiens sont animés de la meilleure volonté; nous relevons parmi les souscripteurs les noms d'un Agha et de plusieurs juifs; bref au mois de Juillet de la même année, l'harmonium arrive et commence à se faire entendre; ce sera pour longtemps puisqu'aujourd'hui encore grâce à une sérieuse réparation faite en 1901, il paraît neuf. C'est ensuite l'achat d'une bannière, puis d'un dais. Jusque là tout allait pour le mieux, lorsqu'en Juillet 1882 survinrent des difficultés. D'après un décret du Président de la République en date du 15 novembre 1880 et transmis par le Gouverneur général, il était fait concession gratuite à la commune de Lourmel, pour être affectée au jardin du presbytère, d'une parcelle de terrain de la contenance de 31 ares. D'après ce décret, la commune était tenue d'assurer et de laisser au dit immeuble la destination en vue de laquelle il était concédé, "sous peine de rétrocession gratuite et immédiate à l'Etat". Il n'y avait, somme toute, qu'à s'en tenir aux clauses de ce décret. Mais voilà qu'en 1881, un maire grincheux propose au conseil municipal de bâtir des écoles sur le lot concédé par le décret ci-dessus. Protestation justifiée de Me Godet à l'Evêché, puis à la Préfecture. Bref après des pourparlers interminables, Monseigneur Ardin, de guerre lasse, semble déclarer qu'il y perd son latin, et écrit textuellement à Me Godet : "Nous avons fait pour vous plus de six visites à la Préfecture; nous avons écrit un plus grand nombre de fois; on nous a toujours promis d'arrêter votre maire. Que pouvons nous faire de plus ? Nous n'avons pas de gendarmes à notre disposition". Le Maire, en effet, ne s'arrêtait pas et était encore moins arrêté. Malgré les avis, malgré même les ordres réitérés de la Préfecture, il fit amener de la pierre en vue de bâtir les écoles sur le terrain destiné au futur presbytère, en disant avec tant soit peu de désinvolture que " ce qu'il commandait il le faisait en toute connaissance de cause; car Mr le Député Etienne lui avait promis, conformément à la demande de la commune la réussite très prochaine d'un décret favorable à ses projets, décret qui couvrirait complètement tout ce que ses contradicteurs pourraient prétendre être irrégulier" (textuel). Mais le décret, si ardemment désiré, n'arrivait pas. Le maire reçut encore l'ordre formel de la Préfecture d'avoir à arrêter les travaux; il n'en tint nul compte; si bien que Me Godet en vint à conclure que Maire et Préfet étaient au fond de connivence, et que ce dernier approuvait tacitement au moins la façon d'agir du premier. Eut il tort de tirer cette conclusion ? Nous ne le croyons pas car elle résultait évidemment des prémisses. Il faut croire cependant que, dans la commune de Lourmel, les esprits étaient montés au dernier barreau de l'échelle puisque le 31 décembre 1882, Mr le Maire batailleur, voyant la partie perdue, donnait sa démission et redevenait, ce qu'il aurait dû rester toujours, un simple citoyen. Avec le successeur de celui-ci, il fut facile de s'entendre. Maintes fois Me Godet avait dit et écrit qu'il serait tout disposé à accepter un échange de terrain, pourvu qu'on lui donnât le local affecté à l'école de garçons. Grâce au changement de municipalité et après approbation ministérielle de 1883, l'échange eut lieu pour les lots affectés aux écoles, église et presbytère, avec certaines conditions acceptées d'un commun accord. Ainsi donc, cette question qui était pendante depuis le 15 août 1881, reçut enfin une solution favorable. Quant à la date précise de l'entrée de Me Godet dans le nouveau presbytère, nous l'ignorons; tout ce que nous savons, c'est qu'il écrivait à Monseigneur le 18 octobre 1884 qu'il devait sous peu de jours prendre possession du presbytère définitif établi dans l'ancienne école des garçons et dans les terrains spécialement affectés aux écoles. Le bâtiment fut restauré, modifié, et devint ce qu'il est aujourd'hui. Il se compose de sept pièces ainsi répertoriées : Un corridor de 1m50 de large divisant le bâtiment principal dans sa longueur, débouchant d'un côté par une porte sur la rue et de l'autre par une double porte, l'une donnant sur la cour , l'autre sur la cuisine - Trois chambres au nord, trois au midi, ayant chacune leur porte sur le corridor. Les pièces contiguës ont entre elles une porte de communication et la pièce adossée au bâtiment principal à l'ouest sert de cuisine. Enfin une fontaine avec réservoir, lavoir et rinçoir est adossée contre le mur du jardin. Aussitôt après avoir pris possession du nouveau presbytère, Me Godet se mit en devoir de créer un jardin de rapport. Défrichement, défonçage, transport de terre pour les remblais, plantations d'arbres d'essences diverses au nombre de soixante ; rien ne fut épargné pour rendre le séjour au presbytère aussi agréable que possible. Du reste, quelques confrères savent par expérience que Me Godet avait les plus beaux légumes de la contrée et ils se souviennent encore de la saveur particulièrement odorante qui se dégageait, des asperges monstres qu'il offrait à ses convives. Mais passons. Dans le terrain, concédé pour le presbytère, se trouvait l'emplacement destiné à la future église. Dès l'année 1886, on commença à s'occuper de cette dernière question; dans ce but, une souscription avait été ouverte, qui avait produit la somme d'environ 4000 francs. De plus, le 28 janvier de la même année, Me Godet avait écrit officiellement au maire de Lourmel au sujet d'un plan d'église; sa lettre resta sans réponse. L'affaire paraissait définitivement enterrée, lorsque le 7 juillet 1889, le Conseil de Fabrique, ayant eu connaissance que certains crédits avaient été mis à disposition du Gouvernement de l'Algérie, pour permettre aux anciens centres de population de construire des bâtiments communaux qui leur manquait, prit l'initiative d'adresser une lettre collective au Gouverneur Général, en vue d'obtenir une église. Après avoir longuement exposé l'insuffisance du local affecté provisoirement au culte catholique , le Conseil demande une subvention suffisante pour construire et ériger une église, sinon complète en toutes ses parties, du moins assez grande pour subvenir aux besoins de la population qui devint de jour en jour plus nombreuse. Les choses traînèrent en longueur, et, sur ces entrefaites, Me Godet ayant été appelé au mois de Février 1890 à la cure d'Aïn Temouchent, fut remplacé à Lourmel par Me Buc. Ce dernier ne resta qu'un an à la tête de la paroisse et permuta avec Me Ailhaud curé de Bou-Tlélis le 15 février 1891. On n'avait toujours aucune nouvelle de la lettre adressée au Gouverneur Général en 1889 lorsque le 11 février 1891 ce dernier approuva enfin le projet d'une église paroissiale à Lourmel, s'élevant à la somme de 41 000 francs. Le 3 janvier 1892, les travaux n'étant pas encore commencés, le Conseil de Fabrique pria le Gouverneur de donner suite à sa décision du 11 février 1891 en allouant la somme de 41 000 francs. Dans le courant de l'année 1893, la nouvelle église était terminée. Le 30 Septembre on y érigeait le Chemin de Croix et le 17 Octobre elle était bénite par Monseigneur Lafuma. Cette église, qui domine tous les environs, grâce à son beau clocher, est un monument d'architecture ogivale du 13ème siècle. Étant donné la hauteur de sa voûte qui a 9 à 10 mètres de hauteur, elle devrait être et plus et plus large. Or, de la porte d'entrée au fond de la sacristie, elle n'a que 30 mètres de longueur, et simplement sept de large. La longueur de la nef jusqu'à la table de communion est de 21 mètres et la profondeur du chœur de 4 mètres 50. Une tribune à laquelle on accède par un escalier en colimaçon, se trouve sous le clocher; mais pour diverses raisons, elle n'est pas utilisée. Quant à la cloche qui pèse environ 500 kilos, elle vient de Sidi Bel Abbés. Nous croyons savoir qu'elle fut la première cloche de cette paroisse, si l'on en juge par les renseignements suivants que nous avons pu lire à l'entour, mais non sans difficulté : elle s'appelle Marie Lucie Vincent. Parrain : Marie Louis Henri de la Croix de Chabrières, commandant la subdivision de Sidi Bel Abbés. Marraine Dame Jeanne Elisabeth Désirée Lucie Villetard de Bussières, épouse de Monsieur le Commissaire civil de Sidi Bel Abbés. Bénite par Monsieur Preire, premier curé de Sidi Bel Abbés. Offerte en grande partie par les habitants de la paroisse le 24 septembre 1857. Eugène et Emile Baudoin, fondeurs à Marseille. Lorsque Me Poux, curé de Bel Abbès, fit en 1892 l'acquisition de nouvelles cloches, celle dont nous venons de parler fut payée par une famille de Lourmel. Malheureusement, elle ne peut être mise en branle, son poids entraînerait, parait-il la chute du clocher. Telle est l'église qui fut bénite à la fin de 1893. Pendant quatre ans, on s'efforce de l'orner quelque peu. C'est ainsi que les statues de la Ste Vierge et de St Joseph, données plusieurs années auparavant par la veuve du Général Lourmel, sont placées sur autels latéraux. Puis une statue du Sacré-Cœur vient dominer l'autel; l'autel lui-même est remis à neuf. Les choses en étaient là, lorsque Me Ailhaud pris sa retraite pour se retirer en France et fut remplacé le 1er Août 1897 par l'Abbé Descours. Sous le ministère de ce dernier, l'église reçoit encore quelques ornements. Ce sont d'abord deux anges portant chacun un candélabre, et qui sont placés de chaque côté de l'autel; puis en 1900 une très belle statue d'Antoine de Padoue, offerte par plusieurs personnes de Lourmel. Me Descours reste près de six ans dans son poste; se sentant incapable à cause de sa santé, de remplir ses fonctions du ministère paroissial, il se retire en France au mois de Juin 1903 et meurt un an après. Il est remplacé par Me Guinefoleau le 1er Juillet 1903. Celui-ci s'occupe également de l'ornementation de l'église; il fait confectionner pour les jours de fêtes des tentures rouges pour tout le chœur; puis des tentures noires pour les enterrements; enfin un catafalque assez élégant mais trop peu élevé, vu la hauteur de la nef. Au commencement de l'année 1904, Me Guinefoleau tombe malade. L'êvéché le voyant obligé de prendre du repos, lui adjoint Me Domblides qui remplit les fonctions de pro curé jusqu'à fin Juin 1908, époque à laquelle il est remplacé par celui qui écrit ces lignes. Peut-être nous reprochera t'on de nous être trop étendu sur le côté temporel de la paroisse et pas assez ou point du tout sur le côté spirituel; il fallait bien pourtant mettre en relief les efforts accomplis par les différents curés de Lourmel pour embellir la maison de Dieu. Nous voudrions être aussi bien documentés pour décrire jour par jour le bien fait aux âmes; à notre grand regret, nous n'avons presque rien trouvé qui puisse nous éclairer et nous édifier sur les progrès spirituels de la paroisse. Nous ne croyons pas qu'à Lourmel il ait jamais existé de confréries quelles quelles soient. Au dire des anciens du pays, les offices étaient plus fréquentés autrefois qu'aujourd'hui, surtout par les hommes; mais après tout ceci est malheureusement commun à toutes les paroisses. Ce que nous savons, pour l'avoir entendu dire, c'est que les processions de la Fête Dieu se sont faites avec beaucoup d'éclat de 1860 à 1880. Nous supposons que depuis 1859 des missions ont dû être prêchées, qui ont fait quelque bien, nous ne pouvons, en effet, que faire des suppositions, puisque rien dans les archives, ne nous en donne la certitude. Cependant nous voyons qu'en 1899, une mission française de trois semaines fut prêchée par le Père Astier de la Compagnie de Jésus; un grand nombre de Communions en marqua la clôture. La même année eut lieu la Messe de minuit, qu'on avait cru prudent de supprimer depuis dix ans. En 1900, c'est une mission espagnole donnée par le Père Abella. Beaucoup de monde aux sermons, comme toujours, du reste; mais peu de communions. Quel est, à l'heure actuelle, l'état de la paroisse ? A vrai dire, nous sommes à lOurmel depuis trop peu de temps pour fournir des données précises. C'est surtout après la période pascale qu'un curé peut connaître et compter ses ouailles. Or nous n'y sommes pas encore. Bornons nous donc à dire que la population catholique de Lourmel est très sympathique au prêtre, qu'elle considère, non comme un ancien fonctionnaire salarié, mais comme un ministre de Dieu. Elle est indifférente, c'est incontestable, elle a cela de commun avec toutes nos paroisses; mais vous n'y trouverez pas l'hostilité que le prêtre rencontra dans certains autres. Cela est si vrai que tous les paroissiens, français aussi bien qu'espagnols, sauf quatre, comprenant le besoin qu'ils ont du prêtre ont souscrit et donné pour le denier du culte. Enfin un autre aspect sous lequel nous apparaît la population de Lourmel, c'est qu'elle n'entend pas partir pour l'éternité sans s'être réconciliée avec Dieu; et, de fait, depuis sept mois que nous sommes arrivés dans cette paroisse aucun malade n'est mort sans avoir reçu les derniers sacrements; il nous semble que c'est là une consolation qui en vaut bien d'autres. Plaise à Dieu que celle-ci ne soit pas la seule et que nous ayons la joie de ramener nos paroissiens à des sentiments plus chrétiens, et ailleurs que sur leur lit de mort. Signé André + Curé de Lourmel
S'en suit sur la même page les propos suivants Discussion M. Danès rapporteur secondaire fait quelques observations sur le travail monographique de la Paroisse de Lourmel : 1° M. le Rapporteur Officiel n'a mentionné aucun des faits militaires qui se sont passés sur le territoire de Lourmel. 2° Au point de vue statistique, M. le Rapporteur Officiel aurait du parler de la population de Lourmel et fixer le chiffre des naissances, des décès et mariages aux principales époques de l'histoire de ce centre. 3° M. le Rapporteur Officiel aurait pu donner de plus nombreux détails sur le champ de tir, dit le Polygone, dont il ne fait qu'une simple mention. 4° Le travail n'est pas tout à fait à jour. En effet, M. le Rapporteur Officiel aurait dû parler de l'opération des inventaires et de la mise sous-séquestre des objets inventoriés. A ces observations M. le Rapporteur Officiel répond qu'il n'a trouvé aucun document lui permettant de narrer les faits militaires dont Lourmel fut le théâtre ni de faire l'historique et la description du champ de tir, dit le Polygone. Un membre de la Conférence rapporte ensuite la légende suivante : M l'Abbé Ailhaud avait acheté quelques cochons et comme déjà on l'avait menacé de poursuite pour déprédation dans les terrains avoisinant le sien, un jour on vint l'avertir que le garde champêtre de la localité instrumentait contre le gardien de son troupeau et se disposait à mettre en fourrière les habillés de soie. A cette nouvelle ne perdant pas son sang froid, M l'Abbé Ailhaud monte au clocher de son Eglise et muni d'une corne imitant celle du gardien, il appelle ses cochons qui tous, à grande vitesse, se rendent au village et entrent à leur domicile, laissant le garde champêtre seul sur les lieux du dégât. Conclusion : les cochons ne furent pas saisis et mis en fourrière et leur propriétaire n'eut ni procès-verbal, ni amende à payer. Aucun autre des membres de la Conférence n'ayant rien à ajouter à ces observations la discussion est close. Ne varietur Le Président (signé illisible) Le Secrétaire : J.Maraval curé d'Aïn Kial
Croquis et Plans de l'Eglise, du presbytère et de l'école (Copie de documents confiés par Pascal Diener)
L'autel
Croquis de l'autel dessiné le 16 septembre 1889 à la fête de St Cyprien évêque de Carthage signé Me Godet
L'église
Plan de masse de l'église
Profil de l'église
Façade de l'église
Le presbytère
Façade du presbytère
Plan de masse du presbytère
L'école
Plans de masse rez-de-chaussée et étage
Le Conseil de Fabrique de la Paroisse de Lourmel
Suivant la définition du Larousse "Le Conseil de Fabrique est le groupe de clercs ou de laïcs qui veillent à l'administration des biens d'une église". Ainsi, comme dans chaque paroisse, le Premier des membres, membre de droit du conseil et du bureau est le curé de la paroisse; vient ensuite le Maire, membre de droit du conseil puis les marguilliers qui sont élus et investis de fonctions bien particulières un président et un secrétaire pour le conseil; un président, un trésorier et un secrétaire pour le bureau. Nous présentons deux documents à l'intitulé "Budget de la fabrique" de l'Eglise Saint Nicolas de Lourmel des années 1884 et 1889 qui font référence à une population catholique "approximative" de 912 citoyens en 1884 et 900 en 1889. En 1884 les membres du Conseil de Fabrique sont ainsi énumérés : Me Godet Marie Alexandre curé de Lourmel, Marc Maillé 1er conseiller municipal et cinq marguilliers : Jean Milhavet, Jacob Diener, Louis Verdeil, Jean-Baptiste Giwer et Jean Krike. Le rédacteur a noté que l'Adjoint (Marc Maillé) faisait "fonction de Maire" car le Maire en titre était de confession israélite.
Le budget de la fabrique est ensuite arrêté par l'Evêque tel l'illustre le document suivant
En 1889 Marie Alexandre Godet est toujours curé et donc membre du Conseil de Fabrique, le Maire Edouard Beyguet en est le second membre de droit. Les marguilliers sont Jacob Diener, Louis Verdeil, Joseph Cambillau, Léon Audi(e)bert et Louis Truel.
L'état comptable transcrit sur le "Compte Rendu de la Fabrique" de 1870 Les recettes : - les recettes ordinaires provenant des quêtes (90 francs), du cimetière (20 francs), des droits de la fabrique sur les mariages, enterrements et autres services religieux (50 francs). - les recettes extraordinaires provenant exclusivement de la subvention annuelle de la commune (600 francs) sans reste des recettes de l'année précédente ( au contraire dette de 165 francs notée en haut de page)
soit un total de recettes de
Les dépenses de la fabrique Les dépenses ordinaires : - liées aux objets de consommation portées au budget et effectuées. En ce qui concerne les dépenses réellement effectuées notons pour le pain d'autel (18 francs), pour le vin (40 francs), pour l'huile (80 francs), pour l'encens (8 francs), pour la cire (85 francs) - liées à l'entretien du mobilier portées au budget et effectuées. En ce qui concerne les dépenses réellement effectuées: le blanchissage et le raccommodage du linge (25 francs), la réparation des meubles ustensiles (15 francs) - liées aux traitements du personnel portées au budget et effectuées. Toujours en ce qui concerne les dépenses réellement effectuées : les honoraires du sacristain (25 francs), du chantre (25 francs), du sonneur (25 francs) et des enfants de chœur (20 francs) - liées aux frais d'administration portées au budget et effectuées. En ce qui concerne les dépenses réellement effectuées pour les registres des baptêmes, mariages, etc..(5 francs), pour le papier, les plumes, l'encre, etc.. (3 francs), pour les frais de correspondance à l'occasion des saintes huiles (4 francs), les ports de lettre (1 franc) - liées aux dépenses diverses portées au budget et effectuées. En ce qui concerne les dépenses réelles pour les menues dépenses de la sacristie (8 francs) et les besoins imprévus (6 francs)
soit un total de dépenses ordinaires
Les dépenses extraordinaires : - liées au solde de la dette (165 francs) - liées aux acquisitions de linge blanc d'ornements (dépense réelle de 110 francs). Il est noté en marge : costumes d'enfants de chœur.
© Copyright 2004-2005-2006-2007 Bernard Robert. Tous droits réservés Webmaster : fernandlucien-robert.fr / bernard-robert.fr.st/ lesphoceens.com
|
|