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Rubriques Les personnalités et cérémonies officielles
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Les vins des Lourméliens
Arlette et Jean-Marie CAMBILLAU 16 Le Vergey 33410 CADILLAC Tél : 05.56.62.92.48 Fax : 05.56.62.65.18 http://www.vins-graves.com
Bernard BOUCHE et fils Viticulteurs à PODENSAC (33) Tél : 05.56.27.17.05 Fax : 05.56.27.24.19
Nicole&Frédéric DOERMANN à LATRESNE (33) Tél : 05.56.20.78.19
Louis-François ROBERT Viticulteur - Récoltant à VERZE EN MACONNAIS (71960) Tél: 03.85.33.38.94
Immobilier
Tél: (33) 04.93.93.08.74
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L'accueil
J'ai souhaité mettre en exergue le chaleureux accueil que nous avons reçu, mon épouse, mes enfants et moi-même, chaque fois que nous nous sommes rendus à Lourmel. Les photos qui illustrent cette rubrique sont là pour en attester. Les familles Tidjini et Maroc, qui vivent depuis l'Indépendance dans les habitations de Paul Cambillau et Albert Garivier, ont manifesté une attention toute particulière à notre égard. Je puis dire, comme si nous faisions partie de la famille. Nous avons été accueillis chez eux à plusieurs reprises avec des égards sans aucune mesure. Chaque fois Kheïra et sa soeur se sont mises en quatre pour nous préparer de savoureux plats de la cuisine algérienne. J'avoue que je reste très marqué par la gentillesse et les qualités de coeur de Kheïra. L'accueil de la famille Baroudi a été tout aussi surprenant et remarquable. Un beau matin du mois d'Août 1991, accompagné de toute ma famille, je frappais à la porte de cette maison de plain-pied que mes parents habitaient quand ils vivaient à Lourmel où j'ai grandi jusqu'à l'âge de cinq ans avec mon frère Philippe, treize mois plus jeune que moi et ma soeur Danielle qui n'avait qu'un an quand nous avons vu s'éloigner l'Algérie. Une jeune femme nous a ouvert la porte. Après lui avoir expliqué que j'étais né dans cette maison et que j'avais passé ma plus tendre enfance en ce lieu, son mari nous a fait entrer. En quelques minutes, les matelas en mousse sur lesquels dormaient les enfants ont été débarassés et nous avons été invités à pénétrer dans une pièce qui était à l'époque la salle à manger de mes parents. Puis, nous avons visité toutes les pièces de l'habitation et l'extérieur où il m'arrivait de jouer avec le fils du Docteur Groscolas qui n'est autre que le célébre chanteur Pierre Groscolas auteur de "Lady lay " "Elise" "Fille du Vent. Vers midi, au moment où nous allions prendre congé d'eux, ce couple nous a demandé d'accepter le repas, qu'il avait préparé à notre insu et, spécialement pour nous car ils se trouvaient en plein Ramadan. Nous avons décliné leur invitation, gênés malgré tout de voir ces braves gens nous regarder manger, à cette heure, privés qu'ils étaient par la religion. Cette attention de leur part nous a particulièrement touchés. Cette visite m'aura permis de visualiser et de filmer tout ce qui faisait partie de mon univers jusqu'à l'âge de cinq ans. J'ai eu une pensée plus émue en découvrant la chambre dans laquelle ma mère m'a mise au monde - sur une table de cuisine - avec l'aide du Docteur Bouchut et de ma tante Céline Blanc, sage-femme à Lourmel.
Familles Tidjini- Maroc
Kheïra Tidjini ses enfants et petits enfants
Le couple Tidjini, Agnès et Jérémie
Famille Tidjini (devant habitation Paul Cambillau)
Famille Maroc (devant habitation Garivier)
Familles Tidjini et Maroc à la plage de Bouzadjar
Famille Baroudi
Famille Baroudi (devant habitation ROBERT)
Jérémie fait ses premiers pas dans la maison où je suis né
Les Bergers
Accueil
à la Mairie
En 1989, en me rendant la première fois à la Mairie de
Lourmel (baptisée, depuis l'Indépendance, Assemblée Populaire Communale
d'El Amria), l'accueil avait été chaleureux. J'avais été
reçu avec la plus grande sympathie par le secrétaire général de
Mairie. J'étais resté surpris de voir s'illuminer le visage de cet homme
proche de la soixantaine quand je lui avais appris que j'étais le petit
fils d'Albert Maillé -"Ould Jaquou" comme il l'appelait - et,
de mesurer la peine qu'il avait manifesté quand je lui avais appris son décès.
Ce fut pour moi un signe révélateur de ces liens forts qui existaient et
qui unissaient Pieds noirs et Algériens. Mes autres contacts ou accueils
m'auront permis de conforter cette réalité. Pour moi, c'est un joli pied
de nez à tous ceux qui se permettent, depuis la fin de la Guerre, de
critiquer les Pieds Noirs sans savoir véritablement de quoi ils parlent.
Mes propos lui apprirent que j'étais moi-même né dans le village, que
j'avais besoin de fixer à jamais mes yeux sur l'œuvre de mes ancêtres,
que j'éprouvais le désir profond de connaître dans le détail ma
famille en complétant les recherches généalogiques de mon père. Après
nous être entretenus une bonne heure, cet algérien m'invita à prendre
place dans un bureau et mit immédiatement à ma disposition tous les
registres d'État Civil qu'une employée se chargea de me faire passer.
La deuxième fois, nous étions en 1991, le Front Islamique du
Salut (FIS) venait d'emporter haut la main les élections municipales. Ce même
secrétaire de Mairie m'avait de nouveau reçu avec le sourire mais je
ressentais dans sa manière de m'accueillir que l'ambiance avait
notablement changé. Assurément ennuyé de ne pouvoir prendre les mêmes
initiatives que la première fois, il m'avait annoncé qu'il y avait
un nouveau Président d'A.P.C et qu'il devait lui demander l'autorisation.
Quelques minutes plus tard, j'entrais dans la salle du conseil, au premier
étage. Le regard suspicieux, d'une trentaine d'hommes portant
pratiquement tous barbe et djellabah blanche, se posa sur moi. L'un d'eux,
âgé d'une trentaine d'années - que j'avais nécessairement pris pour le
Président - m'apostropha en me demandant l'objet de ma venue. Je lui
expliquais que j'étais passionné de généalogie et que je souhaitais
poursuivre mes recherches, comme je l'avais fait un an plus tôt en ce même
lieu. Son refus fusa comme l'éclair, pour se montrer d'emblée sans appel
et, il ajouta qu'il me fallait l'autorisation du Ministère de l'Intérieur,
du Ministère de l'Education Nationale, du Ministère de la Culture...Je
me demandais pourquoi tant d'autorisations et je ne voyais vraiment pas ce
que venaient faire certains Ministères dans la recherche généalogique.
Sans trop chercher à comprendre j'avais salué l'assistance et
j'avais quitté la salle sans tarder. Mon accompagnant, gêné, n'arrêtait
pas de se confondre en excuses. Je l'avais vite rassuré en lui disant que
je comprenais et que même si les règles avaient changé, je ne lui en
tenais aucune rigueur, précisant que j'allais demander ces autorisations.
Dès mon retour à Alger, je sollicitais ces autorisations auprès de
Monsieur Jean Audibert, Ambassadeur de France que je rencontrais
quotidiennement pour débattre de la Sécurité de nos installations et de
ces quelques hectares de terre sous pavillon français. Deux mois plus
tard, Monsieur Jean Audibert me faisait savoir que j'avais l'aval des
autorités algériennes pour effectuer mes recherches sans difficultés.
Sans tarder je me rendais de nouveau à Lourmel, je rencontrais une
nouvelle fois ce même secrétaire de Mairie qui m'accueillait comme à
l'habitude avec un large sourire en m'indiquant que l'autorisation lui était
parvenue. Sans tarder il m'installa comme la première fois dans un
bureau.
Alors que je prenais des notes manuscrites depuis une bonne heure, en
compulsant les registres, je vis passer dans le couloir le Président d'APC
barbu et toujours de blanc vêtu. Il me reconnut. Quand il entra dans le
bureau alors que je me levais promptement pour le saluer, en esquissant un
sourire, il m'apostropha sèchement en me disant "vous arrêtez immédiatement",
puis il quitta la pièce sans autre mot. J'étais sous le choc, je ne
comprenais pas pourquoi il s'adressait à moi de cette manière. Quelques
minutes plus tard, je le vis revenir avec le secrétaire d'APC qui
confirmait que l'autorisation était parvenue. J'affirmais également
cette décision que je tenais de l'Ambassadeur. Le Président me quitta de
nouveau et revint quelques instants plus tard avec une physionomie plus
avenante, confirmant la réception de cette autorisation.
Pour s'excuser et m'offrir une autre image de lui, il m'invita à boire un
café dans un bar situé à proximité immédiate de l'APC, en compagnie
de son adjoint lui aussi barbu et tout de blanc vêtu. Un dialogue
sympathique et fort enrichissant s'instaura. Il me fit notamment part de
ses projets d'informatisation des services municipaux.
Je revins une demi-heure plus tard prendre place devant les registres d'Etat
Civil de Lourmel, content d'apprendre que j'étais de nouveau accepté à
la Mairie de ce village qui m'avait vu naître.
La sympathie s'établit quand la méfiance s'éloigne.
Le regard que porte sur nous la nouvelle génération n'est plus le même
et cela se comprend parfaitement.
Autres
rencontres
Un européen ne passe jamais inaperçu dans un village algérien, plus
encore quand la plaque d'immatriculation verte de son véhicule dévoile
un fonctionnaire d'ambassade.
Cette curiosité m'aura permis de rencontrer bon nombre de vieux lourméliens
algériens qui se sont montrés particulièrement élogieux à l'écart de
ma famille. J'ai entendu plusieurs personnes me lancer "il faut que
tes parents reviennent, vous êtes les bienvenus"ou encore "tes
parents étaient de braves gens et ils nous respectaient, dis leur de
revenir"...Il était flagrant que ces hommes avaient besoin de me
manifester leur attachement et leur reconnaissance. J'étais quelque
peu fier d'entendre de tels propos et je n'ai pu douter un seul instant de
la sincérité de ces personnes par l'attention toute particulière qu'ils
me manifestaient. C'est avec eux que je suis allé au cimetière, c'est grâce
à eux que j'ai pu visiter les maisons de ma famille. Je ne peux cacher
qu'à chaque fois que j'ai quitté Lourmel, j'étais vraiment flatté par
cette empreinte positive laissée par mes parents et grands parents dans
ce village qui ne les a pas oubliés.
A aucun moment je n'ai ressenti de haine, d'animosité ou de rejet chez
ces anciens; bien au contraire leurs témoignages avaient pour raison de
me prouver leur attachement, leur forte sympathie, leur reconnaissance,
voire certainement l'expression d'un besoin. Malgré ces
encouragements "à revenir", je sais pertinemment que Lourmel a
été et ne sera plus, sauf dans nos mémoires et dans notre coeur où il
aura toujours sa place.
Que l'issue est triste.... Quel gachis !
Photographies réalisées par Bernard Robert en 1991 et 1993 © Copyright 2004 - 2005 -2006 Bernard Robert - Tous droits réservés
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