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Rubriques Les personnalités et cérémonies officielles
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Les vins des Lourméliens
Arlette et Jean-Marie CAMBILLAU 16 Le Vergey 33410 CADILLAC Tél : 05.56.62.92.48 Fax : 05.56.62.65.18 http://www.vins-graves.com
Bernard BOUCHE et fils Viticulteurs à PODENSAC (33) Tél : 05.56.27.17.05 Fax : 05.56.27.24.19
Nicole&Frédéric DOERMANN à LATRESNE (33) Tél : 05.56.20.78.19
Louis-François ROBERT Viticulteur - Récoltant à VERZE EN MACONNAIS (71960) Tél: 03.85.33.38.94
Immobilier
Tél: (33) 04.93.93.08.74
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Lourmel Lourmel,
village cher à mon cœur Roger
CHOQUET
(Mars
1943-juillet 1962) L'accueil
J'ai souhaité mettre en exergue le chaleureux accueil que nous avons reçu, mon épouse, mes enfants et moi-même, chaque fois que nous nous sommes rendus à Lourmel. Les photos qui illustrent cette rubrique sont là pour en attester. Les familles Tidjini et Maroc, qui vivent depuis l'Indépendance dans les habitations de Paul Cambillau et Albert Garivier, ont manifesté une attention toute particulière à notre égard. Je puis dire, comme si nous faisions partie de la famille. Nous avons été accueillis chez eux à plusieurs reprises avec des égards sans aucune mesure. Chaque fois Kheïra et sa soeur se sont mises en quatre pour nous préparer de savoureux plats de la cuisine algérienne. J'avoue que je reste très marqué par la gentillesse et les qualités de coeur de Kheïra. L'accueil de la famille Baroudi a été tout aussi surprenant et remarquable. Un beau matin du mois d'Août 1991, accompagné de toute ma famille, je frappais à la porte de cette maison de plain-pied que mes parents habitaient quand ils vivaient à Lourmel où j'ai grandi jusqu'à l'âge de cinq ans avec mon frère Philippe, treize mois plus jeune que moi et ma soeur Danielle qui n'avait qu'un an quand nous avons vu s'éloigner l'Algérie. Une jeune femme nous a ouvert la porte. Après lui avoir expliqué que j'étais né dans cette maison et que j'avais passé ma plus tendre enfance en ce lieu, son mari nous a fait entrer. En quelques minutes, les matelas en mousse sur lesquels dormaient les enfants ont été débarassés et nous avons été invités à pénétrer dans une pièce qui était à l'époque la salle à manger de mes parents. Puis, nous avons visité toutes les pièces de l'habitation et l'extérieur où il m'arrivait de jouer avec le fils du Docteur Groscolas qui n'est autre que le célébre chanteur Pierre Groscolas auteur de "Lady lay " "Elise" "Fille du Vent. Vers midi, au moment où nous allions prendre congé d'eux, ce couple nous a demandé d'accepter le repas, qu'il avait préparé à notre insu et, spécialement pour nous car ils se trouvaient en plein Ramadan. Nous avons décliné leur invitation, gênés malgré tout de voir ces braves gens nous regarder manger, à cette heure, privés qu'ils étaient par la religion. Cette attention de leur part nous a particulièrement touchés. Cette visite m'aura permis de visualiser et de filmer tout ce qui faisait partie de mon univers jusqu'à l'âge de cinq ans. J'ai eu une pensée plus émue en découvrant la chambre dans laquelle ma mère m'a mise au monde - sur une table de cuisine - avec l'aide du Docteur Bouchut et de ma tante Céline Blanc, sage-femme à Lourmel.
Familles Tidjini- Maroc
Kheïra Tidjini ses enfants et petits enfants
Le couple Tidjini, Agnès et Jérémie
Famille Tidjini (devant habitation Paul Cambillau)
Famille Maroc (devant habitation Garivier)
Familles Tidjini et Maroc à la plage de Bouzadjar
Famille Baroudi
Famille Baroudi (devant habitation ROBERT)
Jérémie fait ses premiers pas dans la maison où je suis né
Les Bergers
Accueil à la Mairie
En 1989, en me rendant la
première fois à la Mairie de Lourmel
(baptisée, depuis l'Indépendance,
Assemblée Populaire Communale d'El
Amria), l'accueil avait été
chaleureux. J'avais été reçu avec la
plus grande sympathie par le secrétaire
général de Mairie. J'étais
resté surpris de voir s'illuminer le visage de cet homme
proche de la soixantaine quand je lui avais appris que
j'étais le petit fils d'Albert Maillé -"Ould
Jaquou" comme il l'appelait - et, de mesurer la peine qu'il avait
manifesté quand je lui avais appris son
décès.
Ce fut pour moi un signe révélateur de ces liens
forts
qui existaient et qui unissaient Pieds noirs et Algériens.
Mes
autres contacts ou accueils m'auront permis de conforter cette
réalité. Pour moi, c'est un joli pied de nez
à
tous ceux qui se permettent, depuis la fin de la Guerre, de critiquer
les Pieds Noirs sans savoir véritablement de quoi ils
parlent.
Mes propos lui apprirent que j'étais moi-même
né dans le village, que j'avais besoin de fixer à
jamais mes yeux sur l'œuvre de mes ancêtres, que
j'éprouvais le désir profond de
connaître dans le détail ma famille en
complétant les recherches
généalogiques de mon père.
Après nous être entretenus une bonne heure, cet
algérien m'invita à prendre place dans un bureau
et mit immédiatement à ma disposition tous les
registres d'État Civil qu'une employée se chargea
de me faire passer.
La deuxième fois, nous étions
en 1991, le Front Islamique du Salut (FIS) venait
d'emporter haut la main les élections municipales.
Ce même secrétaire de Mairie m'avait de
nouveau reçu avec le sourire mais je ressentais dans sa
manière de m'accueillir que l'ambiance avait notablement
changé. Assurément ennuyé de ne
pouvoir prendre les mêmes initiatives que la
première fois, il m'avait annoncé qu'il
y avait un nouveau Président d'A.P.C et qu'il devait lui
demander l'autorisation. Quelques minutes plus tard, j'entrais dans la
salle du conseil, au premier étage. Le regard suspicieux,
d'une trentaine d'hommes portant pratiquement tous barbe et
djellabah blanche, se posa sur moi. L'un d'eux,
âgé d'une trentaine d'années - que
j'avais nécessairement pris pour le Président -
m'apostropha en me demandant l'objet de ma venue. Je lui expliquais que
j'étais passionné de
généalogie et que je souhaitais poursuivre mes
recherches, comme je l'avais fait un an plus tôt en ce
même lieu. Son refus fusa comme l'éclair, pour se
montrer d'emblée sans appel et, il ajouta qu'il me fallait
l'autorisation du Ministère de l'Intérieur, du
Ministère de l'Education Nationale, du Ministère
de la Culture...Je me demandais pourquoi tant d'autorisations et je ne
voyais vraiment pas ce que venaient faire certains
Ministères dans la recherche
généalogique. Sans trop chercher à
comprendre j'avais salué l'assistance et j'avais
quitté la salle sans tarder. Mon accompagnant,
gêné, n'arrêtait pas de se confondre en
excuses. Je l'avais vite rassuré en lui disant que je
comprenais et que même si les règles avaient
changé, je ne lui en tenais aucune rigueur,
précisant que j'allais demander ces autorisations.
Dès mon retour à Alger, je sollicitais ces
autorisations auprès de Monsieur Jean Audibert,
Ambassadeur de France que je rencontrais quotidiennement pour
débattre de la Sécurité de nos
installations et de ces quelques hectares de terre sous pavillon
français. Deux mois plus tard, Monsieur Jean Audibert me
faisait savoir que j'avais l'aval des autorités
algériennes pour effectuer mes recherches sans
difficultés.
Sans tarder je me rendais de nouveau à Lourmel, je
rencontrais une nouvelle fois ce même secrétaire
de Mairie qui m'accueillait comme à l'habitude avec un large
sourire en m'indiquant que l'autorisation lui était
parvenue. Sans tarder il m'installa comme la première fois
dans un bureau.
Alors que je prenais des notes manuscrites depuis une bonne heure, en
compulsant les registres, je vis passer dans le couloir le
Président d'APC barbu et toujours de blanc vêtu.
Il me reconnut. Quand il entra dans le bureau alors que je me levais
promptement pour le saluer, en esquissant un sourire, il m'apostropha
sèchement en me disant "vous arrêtez
immédiatement", puis il quitta la pièce sans
autre mot. J'étais sous le choc, je ne comprenais pas
pourquoi il s'adressait à moi de cette manière.
Quelques minutes plus tard, je le vis revenir avec le
secrétaire d'APC qui confirmait que l'autorisation
était parvenue. J'affirmais également cette
décision que je tenais de l'Ambassadeur. Le
Président me quitta de nouveau et revint quelques instants
plus tard avec une physionomie plus avenante, confirmant la
réception de cette autorisation.
Pour s'excuser et m'offrir une autre image de lui, il m'invita
à boire un café dans un bar situé
à proximité immédiate de l'APC, en
compagnie de son adjoint lui aussi barbu et tout de blanc
vêtu. Un dialogue sympathique et fort enrichissant
s'instaura. Il me fit notamment part de ses projets d'informatisation
des services municipaux.
Je revins une demi-heure plus tard prendre place devant les registres
d'Etat Civil de Lourmel, content d'apprendre que j'étais de
nouveau accepté à la Mairie de ce village qui
m'avait vu naître. La sympathie
s'établit quand la méfiance
s'éloigne.
Le regard que porte sur nous la nouvelle
génération n'est plus le même et cela
se comprend parfaitement.
Autres rencontres
Un européen ne passe jamais inaperçu dans un
village algérien, plus encore quand la plaque
d'immatriculation verte de son véhicule dévoile
un fonctionnaire d'ambassade.
Cette curiosité m'aura permis de rencontrer bon nombre de
vieux lourméliens algériens qui se sont
montrés particulièrement élogieux
à l'écart de ma famille. J'ai entendu plusieurs
personnes me lancer "il faut que tes parents reviennent, vous
êtes les bienvenus"ou encore "tes parents étaient
de braves gens et ils nous respectaient, dis leur de revenir"...Il
était flagrant que ces hommes avaient besoin de me
manifester leur attachement et leur reconnaissance.
J'étais quelque peu fier d'entendre de tels propos et je
n'ai pu douter un seul instant de la sincérité de
ces personnes par l'attention toute particulière qu'ils me
manifestaient. C'est avec eux que je suis allé au
cimetière, c'est grâce à eux que j'ai
pu visiter les maisons de ma famille. Je ne peux cacher qu'à
chaque fois que j'ai quitté Lourmel, j'étais
vraiment flatté par cette empreinte positive
laissée par mes parents et grands parents dans ce village
qui ne les a pas oubliés.
A aucun moment je n'ai ressenti de haine, d'animosité ou de
rejet chez ces anciens; bien au contraire leurs témoignages
avaient pour raison de me prouver leur attachement, leur forte
sympathie, leur reconnaissance, voire certainement
l'expression d'un besoin. Malgré ces encouragements
"à revenir", je sais pertinemment que Lourmel a
été et ne sera plus, sauf dans nos
mémoires et dans notre coeur où il aura toujours
sa place.
Que l'issue est triste.... Quel gachis !
Photographies réalisées par Bernard Robert en 1991 et 1993 © Copyright 2004 - 2011 Bernard Robert - Tous droits réservés
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